Go up

This site uses cookies to improve your browsing experience. By browsing the site you agree to Our privacy policy.

Ok
Manet

Les premiers cris d'Edouard Manet retentirent entre les murs d'une élégante demeure parisienne, au cours de l'année 1832. De son père magistrat, il hérite la rigueur et le perfectionnisme qui furent siens tout au long de sa carrière. Il s'imprègne également des capacités d'adaptation de sa mère, elle-même issue d'une famille de diplomates. En dehors de ces vertus essentielles, rien ne prédestinait le jeune Édouard à devenir l'un des plus grands peintres de XIXᵉ siècle, excepté une attirance précoce pour la peinture.

 

Une vie de marin avortée

Ayant atteint l'âge de 16 printemps, Edouard Manet connaît un premier échec. Le concours de l'École Navale restera un but inaccessible pour le jeune qui n'obtient pas de résultats suffisamment probants. Cela ne le retient pas pour autant à Paris puisqu'il embarque sur un navire-école. Ce choix le conduira tout droit vers Rio.

Malgré ces ambitions navales, le cœur et les pensées du jeune Manet sont entièrement tournés vers l'art, et plus précisément, la peinture. Le temps qu'il passera en haute-mer ne détournera point le jeune homme de ses premières amours. Cette vérité s'impose pareillement à son père, dès son retour en France. Ce dernier aurait pu contraindre son fils à suivre une voie plus traditionnelle, mais il n'en fut rien. Un contrat moral est alors passé entre les deux hommes. Le père d'Edouard Manet consent à laisser son fils explorer ce domaine, à condition qu'il suive une formation de qualité. C'est ainsi que le futur maître de l'impressionnisme fait son entrée aux Beaux-Arts.

 

Six années, aux côtés de Thomas Couture

Edouard Manet emploie chaque jour de sa vie à développer ses techniques, son talent et son œuvre. Durant six ans, il suivra l'enseignement de Thomas Couture. Bien qu'ayant des visions radicalement opposées en matière d'art, les deux peintres établirent une relation basée sur leur passion commune et un profond respect. Edouard Manet confiera plus tard que ses années de formation furent éprouvantes pour lui qui avait pour ambition de créer des œuvres personnelles. Le fait est que la technique acquise aux côtés de Thomas Couture a certainement contribué à la naissance et à l'essor de son propre talent. Pour Thomas Couture, la peinture se résumait à ces deux mots : impersonnalité et idéal. L'avenir prouvera que son jeune apprenti n'aura qu'un objectif : s'approprier les bases de la peinture pour mieux les transcender et créer un nouveau courant.

 

Manet, un artiste peintre sous influence espagnole et hollandaise

Comme pour tout créateur en devenir, les premières œuvres d'Edouard Manet sont porteuses d'influences très marquées. N'ayant pas encore trouvé "son style", le jeune peintre puise dans les peintures de son époque, les essences qui le touchent le plus. Ainsi, dans son tableau "Le buveur d'absinthe", qui fut sa première soumission publique officielle en 1859, l'amateur d'art aguerri percevra nettement une résonance espagnole. Malgré le remoud provoqué par cette première toile, son ancien maître lui-même aura des mots très durs envers sa peinture, Edouard Manet sent qu'il est sur la bonne voie. Il persiste donc dans ce nouveau mode de production que l'on pourrait résumer ainsi :

Un subtil mariage entre des configurations picturales traditionnelles et une réalité contemporaine aux valeurs expressives.

À ce moment-là, l'impressionnisme n'existe pas encore, mais l'artiste peintre pose les premières pierres d'un édifice qui s'élèvera aux sommets et ne sera jamais abattu.

 

La polémique artistique à venir

Chaque grande révolution, quel que soit le domaine dans lequel elle intervient, est toujours amorcée par une âme passionnée. Edouard Manet, avec sa fougue, son talent et sa personnalité, est alors à l'aube de quelque chose de nouveau. Sa révolution artistique aura bien lieu, sur fond d'une révolte individuelle tournée vers les conventions académiques de son époque.

Au cours des années 1960, Paris est en pleine mutation. Pas un jour ne passe sans que la ville ne se métamorphose, sous les yeux captivés de ses habitants, mais surtout sous le regard perçant des artistes. Manet passe alors le plus clair de son temps à arpenter les rues de la capitale. Son inspiration première vient de là. Il immortalise, jour après jour, un détail architectural, une scène quotidienne, un objet, un geste surpris et dessiné pour la postérité.

Edouard Manet présentera d'autres toiles au Salon, sans toutefois rencontrer le succès escompté. En lieu et place d'un accueil bienveillant, il se retrouve au centre de nouvelles polémiques. Ces mêmes polémiques et critiques d'un art qui s'affranchit des règles établies vont le conduire à pousser la porte du Salon des refusés. Ce lieu d'exposition a vu le jour dans ce but : proposer un espace d'exposition et de liberté créatrice, à tous les artistes dont le travail serait nié par les autorités en place, par le biais du Salon officiel.

 

Le déjeuner sur l'herbe - 1963

L'un des plus célèbres tableaux de Manet, "Le déjeuner sur l'herbe", fut exposé au Salon des refusés. Initialement appelée "Le bain", cette peinture met en scène une jeune femme dans une tenue d'Eve, assise confortablement dans un décor champêtre. À ses côtés, deux hommes richement vêtus lui tiennent compagnie, le temps d'un pique-nique. À l'époque, il n'en fallait pas plus pour choquer ses pairs. Cependant, c'est aussi ce tableau qui lui vaut un large succès auprès du grand public. L'impressionnisme, latent depuis quelques années dans ses œuvres, prend définitivement forme durant cette période.

 

Une amitié célèbre et les débuts d'un mythe

Déjà glorifié par un public conquis, Manet est soutenu publiquement par un nouvel ami prestigieux, Émile Zola. Le jeune homme qui rêvait de peinture, sur un navire en partance pour Rio, voit alors ses aspirations les plus profondes prendre vie dans sa réalité. Manet devient l'un des peintres les plus connus et respectés de son époque. Désormais, Edouard Manet s'entoure d'artistes de renom, avec qui il peut vivre sa passion, bâtir des projets et échanger régulièrement au célèbre Café Guerbois.

 

L'impressionnisme prend son envol

Malgré son engagement dans la Garde Nationale en 1870, Manet ne perdit jamais de vue son amour pour la peinture. Précurseur d'un courant artistique qui se libère du joug d'un style académique, l'artiste peintre soutient sans réserve tous les impressionnistes de son époque, contribuant ainsi à l'émergence d'œuvres variées, encore étudiées et adulées de nos jours. Au cours des années qui suivirent, Manet consolidera sa réputation et produira ses plus célèbres tableaux :

  • Le chemin de fer, gare Saint Lazare, 1872,
  • Sur la plage, 1873,
  • La famille Monet au jardin, 1874.

Tandis que l'impressionnisme s'impose de manière incontestée dans le domaine de l'art, Manet s'éteint le 30 avril 1883, à Paris, ville qui l'a vu naître, grandir et se réaliser.